Après une double victoire face aux Autrichiennes, les bleues ont décroché leur billet pour l'Euro 2010 en décembre prochain.
L'occasion était trop belle. Les circonstances idéales. Pau, son Palais des Sports enflammé, fidèle à la réputation qui le suit depuis le Mondial 2007 que personne n'a oublié. La 200ème sélection
de "Ruffy", la présence sur les planches d'Alexandra Lacrabère, l'enfant du pays flanquée de son numéro 64. Et l'opportunité d'assurer une place dans le grand bal européen organisé à la fin de
l'année en Scandinavie.
Les Bleues, ovationnées par un public tout heureux de les retrouver, n'ont pas laissé les Autrichiennes caresser l'espoir de les priver d'un succès dans leur temple du Sud-Ouest. "C'était un
match maîtrisé avec une bonne défense et deux excellentes gardiennes", se félicité d'ailleurs Olivier Krumbholz. Une partie que les Françaises ont dominé, bien plus et bien mieux que celle
disputée un peu plus tôt dans la semaine du côté de Vienne. Les premières poignées de secondes avaient donné le ton. Marion Limal, quelque peu timorée sur sa terre d'adoption, face à ses copines
mercredi dernier, s'en allait offrir deux caviars de passe à Amélie Goudjo. La machine était lancée. "On est bien rentré dans la partie, résume Raphaëlle Tervel. On avait la rage, et une
grosse envie, on a affiché un super état d'esprit."
Surtout, les demoiselles d'Olivier Krumbholz n'ont jamais vraiment levé le pied. Elles qui d'habitude, quand elles tiennent les échanges par le bon bout, s'égarent parfois en début de seconde
période. Il n'en fût rien ce dimanche. "On a maîtrisé de bout en bout", ajoute Raph'. En réalité, seules Katrin Engel (12 buts pour 18 tentatives) et la gardienne autrichienne Petra
Blazek faisaient de la résistance. Les Bleues, malmenées lors du premier round à Vienne par Acimovic, ont parfaitement su la contenir.
"Cela va nous permettre de stabiliser le collectif"
Finalement, les Bleues ont maîtrisé leur sujet. Elles sont invaincues depuis le début des matches de qualifications. Et ont su, depuis la médaille d'argent du Mondial, affiché du sérieux et de la
constance. "Le groupe commence à être mature. Je crois qu'on est sur la bonne voie", conclut la capitaine des Tricolores. Qui n'a pas boudé son plaisir d'obtenir le visa pour l'Euro à
l'occasion de sa deux-centième sélection sous la casaque bleu-blanc-rouge. "200 ! On se rend compte que le temps passe vite, sourit-elle. La dernière deux-centième qu'on a fêté,
c'était celle de Stéph' Cano. Et il y a déjà un moment de ça. Je calculais à ce moment là et je me disais, mon tour viendra en 2010, et que ce n'était pas pour demain. Et bien ça y est ! Et cela
fait plaisir." Plaisir, comme de voir les amoureux du handball ovationner Alexandra Lacrabère. "J'ai ressenti beaucoup de pression au moment de la Marseillaise, confie l'intéressée.
Mais on savait que l'ambiance serait géniale. Parce que personne n'a oublié le Mondial ici. C'est toujours super de jouer à Pau".
Les Bleues peuvent désormais se projeter vers le prochain Championnat d'Europe. Avec la certitude d'avoir un rôle à y jouer, certainement. "Après un match comme celui-là, on ne peut que se
dire que l'on n'a pas beaucoup de joueuses à changer dans le groupe, analyse Olivier Krumbholz. Cela va nous permettre de stabiliser le collectif." Et de travailler avec en ligne de
mire, le mois de décembre.



