
Claude Onesta est une personne que l'on croirait sorti d'un roman de Marcel Pagnol. Il a la chaleur et l’accent chantant des gens du sud ouest mais il a aussi la rigueur et le pragmatisme dont on fait les victoires et avec lesquelles on se forge un palmarès, inégalé par les autres
sports collectifs français et qui a fait de lui un entraîneur reconnu de ses pairs.
Le handball? Un hasard.
Natif d’Albi, Claude Onesta passe toute son enfance à Toulouse dans la ville rose où il fait ses premières armes de sportif en tapant dans un ballon de football « Toulouse est une ville de rugby bien sûr mais j’ai commencé par jouer au football, dans une section un peu branlante d’un club dont l’équipe de hand jouait en première division. J’ai suivi mes copains au hand pour faire un essai et les éducateurs me trouvant quelques aptitudes m’ont convaincu de revenir et de rester au handball ».
De l’entraîneur au sélectionneur.
« J’ai pris la responsabilité de l’équipe de Toulouse (avec Alain Raynal) en qualité d’entraîneur et comme tout entraîneur je rêvais un jour de prendre les rênes de l’équipe de France. En fait c’est un concours de circonstances, je suis arrivé au bon endroit au bon moment. Mon prédécesseur (Daniel Costantini) est resté 16 ans à la tête de l’équipe de France cela a certainement barré le parcours de certains entraineurs. Moi j’en sui à huit années à la tête de l’équipe de France même si les débuts furent compliqués. Dès mon arrivée j’ai eu l’impression de m’installer dans les pantoufles de Daniel Costantini et je devais souffrir la comparaison constamment. Le titre de champion d’Europe (en Suisse en 2006) est le plus important pour moi car c’est un titre que mon prédécesseur n’avait jamais gagné. Ce jour là j’ai eu l’impression de rentrer dans mes propres pantoufles et de gagner ma légitimité en tant que sélectionneur »
Une conception du jeu très humaine
« J’ai une vision du rôle du sélectionneur comme étant celui d’une personne dont on doit pouvoir se passer, je veille juste à ce qu’il n’y ait pas de dérives. Daniel gérait l’équipe de France tour seul, là où moi j’ai un staff de 10 personnes qui travaillent pour moi, je m’arrange pour ne rien avoir à faire. Cela veut dire que je suis disponible à 100% pour étudier l’aspect humain de chacune de mes décisions et de mes choix. Cela prouve aussi que l’on peut arriver au même objectif de manière différente ».
« Pour moi le paradis sportif, si l’on croit au concept du paradis, c’est le village olympique. Pendant quinze jours vous croisez des blancs, des noirs, des jaunes, des catholiques, des musulmans sans que cela ne pose le moindre problème. Tous les athlètes sont logés à la même enseigne et vedette du 100 mètres ou pas vous faites la queue au self. Le fait que seuls les athlètes et les chefs de délégation aient accès au village permet de vivre pleinement ce moment. Personne ne se prend pour une star au village. Celui qui se prend pour une star sait qu’il peut passer à côté de la compétition et que l’inconnu auquel personne ne prête attention repartira peu être demain avec une médaille autour du cou, cela force à rester humble »
Cédric Burdet l’anti héros
Cédric Burdet est un joueur avec qui je ne partirai pas en vacances, Il était absent lors du titre mondial en 2001 et du titre Européen en 2006. Tous les journalistes le considérait comme le chat noir de l’équipe de France et les spécialistes du handball comme un piètre handballeur. Malgré nos rapports tendus lors du dernier euro, où il n’avait pas joué, j’ai sélectionné contre l’avis de tous Cédric Burdet pour les JO de Pékin. Lorsque Jérôme Fernandez, qui est le titulaire sur le poste d’arrière droit, se blesse au bras il ne me reste que la solution Burdet pour affronter les croates. Logeant au même hôtel les croates nous font savoir que leur objectif est de prendre en strict Narcisse et Karabatic et de laisser jouer Burdet considérer comme un piètre tireur. Nous nous sommes dépêchés de lui remonter l’information pour le motiver encore un peu plus. Il fait ce jour là un match exceptionnel. Sans Cédric Burdet on ne bat pas les croates, on n’est pas champion olympique, ni champion du monde et je me serai fais lourdé par la même occasion. Tous les médias vont lui tresser des louanges mais nos relations paradoxalement ont empiré et nous ne partirons donc toujours pas en vacances ensemble. »
L’envie de gagner est plus forte que tout
On pourrait se poser de questions sur la motivation qui peut habiter le sélectionneur après un triplé historique (champion d’Europe, Champion Olympique et champion du Monde). « Le fait de se sentir souverain et de régner sur sa discipline, comme on pu le faire les pays de l’est où plus près de nous les suédois qui nous martyrisaient régulièrement, est une sensation extrême. Le fait de voir certaines équipes faire allégeance et déposer les armes parce qu’ils jouent contre vous, personne n’a envie que cela s’arrête. L’envie de gagner est plus forte que tout ».
« Le jour où je ne maitriserai plus le groupe et sa trajectoire alors le
moment sera venu pour moi de me retirer et d’aller à la pêche. »

Il est compliqué
pour les femmes de concilier leur rôle de femme active et leur rôle de mère alors si l'on vient ajouter le sport, c'est la goute d'eau de trop.
La messinne Alison Pineau, dont le surnom est « Bingo » est la joueuse la plus douée de sa
génération. Elle peut déjà s’enorgueillir d’avoir été élue meilleure joueuse du mondial espoir il y a quelques saisons. Alison a la science du jeu, qu’elle « sent » comme personne. Quand Alison
Pineau est à la baguette sur son poste de demi-centre elle arrive à faire vivre le jeu et le mettre en mouvements. Elle reste une joueuse très dangereuse qui n’hésite pas à y aller de ses quelques
buts lors de chaque rencontre.
Claudine Mendy dite « Clo » est la benjamine du groupe France mais du haut de ses 19 ans elle
apprend à chaque fois qu’elle pose un pied sur le terrain. Evoluant au Havre cette année, elle éclate au grand jour sur la scène nationale et internationale. Vu les capacités physiques qu’elle
possède et son jeu d’attaque basé sur la vitesse, Claudine Mendy une joueuse très rapide et inattendue pour la défense adverse.