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On n'oubliera pas, jamais, que passée la déception d'avoir échoué face aux Russes, incontestablement la meilleure armada de la planète, cette médaille d'argent vaut
presque tout l'or du monde. Que les filles qui sont allées la chercher, en puisant au fond de leurs entrailles l'énergie, la fougue et l'envie d'avancer toutes ensemble,
sont les dignes héritières de la génération de 1999 qui, dix ans avant les agapes de Nanjing, avait offert à la France du handball féminin ses premières heures de
gloire.
On n'oubliera pas, non, que ces nanas-là sont pleines de vie, de générosité et de talents. Qu'elles n'ont jamais pêché dans l'investissement, qu'elles sont allées au bout
d'elles-mêmes. Qu'il fallait, assurément, avoir du cran, de la force et du courage pour se relever après des débuts catastrophiques qui laissaient alors penser que cette
équipe de France ne reverrait jamais le jour. Oui, ce 20 décembre restera à jamais gravé dans le marbre, parce qu'il marque le commencement d'une belle histoire. Une
histoire débutée il y a six mois du côté de Lyon, face à la Croatie. Où, déjà, dos au mur, la troupe d'Olivier Krumbholz avait su puiser dans ses ressources pour dégoûter
l'adversaire et se qualifier pour ce Mondial en Chine.
"Un podium, on y prend goût"
On retiendra aussi que, si les Russes de Trefilov sont, pour la troisième fois de suite championnes du Monde, elles ont été battues une fois dans ce tournoi. Par une seule
équipe. Par l'équipe de France. La joie ne peut donc pas avoir de limites au crépuscule de ces championnats du Monde. Car l'horizon rayonne désormais. "Il faut continuer à
travailler, souligne malgré tout Olivier Krumbholz. Mais les filles ont toutes les qualités pour exister dans le handball moderne". Elles ont la fraîcheur, la rigueur, la
fureur de vivre. Elles ont le cran nécessaire, un culot indiscutable. Le désir fou, la gourmandise, surtout, de poursuivre leurs rêves, de leur donner, au plus vite un
sens. "C'est un vrai bonheur, sourit Camille Ayglon. Monter sur un podium, porter une médaille autour du cou, on y prend goût, forcément".
Un goût de reviens-y. Le besoin viscéral de rééditer l'aventure. De se fixer de nouveaux objectifs. Parce que rien, désormais, ne sera plus comme avant. Parce que de Wuxi
à Yangzhou, de Yangzhou à Nanjing, les Tricolores ont écrit le premier pan de leur histoire. Une belle et délicieuse histoire. Une histoire merveilleuse aux airs de conte
de fées dont elles ont été les sublimes actrices. On retiendra tout ça. On n'oubliera aucun des sourires. Surtout pas celui de Raphaëlle Tervel, trentenaire, aînée
des Femmes de défis, heureuse comme une gamine. Ni les yeux pétillants de Marion Limal, ni les clins d'oeil cocaces de Camille Ayglon. Chacun se souviendra que cette fin
d'année 2009 aura été exquise. Terriblement exquise.
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